2022…

C’est sans filtre un peu (pas de relecture/correction à tête reposée…) mais c’est juste une manière de vous transmettre cet appel que j’ai trouvé tout à fait pertinent…et assez clair pour caractériser un peu un point de vue non-franco-centré sur l’expérience politique des femmes russes… Bref…

Kira Armish

« On nous dit que la politique n’est pas une affaire de femmes. Cette idée transparaît des plus hautes sphères et de Poutine personnellement :

[extrait vidéo de Poutine ; prise de parole de Poutine au forum eurasien des femmes]

– Certainement, il est absolument (répond visiblement à une question) indispensable à chaque être humain de s’étaler (s’afficher) librement et dans ce contexte de librement s’identifier mais quoiqu’il en soit, je suis convaincu que les valeurs de la famille traditionnelle sont bien plus importantes et qu’elles sont le socle de base, les fondements du succès du Développement pour le présent et le futur.

[Kira Armish]

Les femmes ne doivent rien décider, elles sont seulement un enjolivement/une décoration du collectif et les gardiennes de tous les harnais domestiques [image du collier et de la laisse du chien]. La guerre c’est pas une affaire de femmes, carrément ; c’est l’apothéose d’une affaire de femmes ! Ce sont des hommes qui commencent et finissent la guerre, ils se blessent et meurent là-dedans. Dans ce monde de la guerre [vu par les dirigeants] les femmes n’existent qu’à deux endroits : au début quand elles pleurent et accompagnent le départ des soldats, et ensuite quand elles retrouvent [rencontrent] des survivants… Entre ces deux temps terrifiants, c’est comme si elles disparaissaient de la scène, elles n’existent plus, comme si elles ne vivaient rien de la guerre, elles seraient absentes aux évènements. Je veux que vous regardiez ces images :

(photos de naissances dans le métro de Kiev) C’est le métro de Kiev, maintenant utilisé comme abri anti-bombardement. Au tout début de la guerre, là-bas sont nés plusieurs enfants ; des femmes ont accouché sur les carreaux froids du sol, sans instruments médicaux, sans médication, sans aide spécialisée.

(photo d’une femme avec ses deux enfants dans un véhicule) Voilà une femme qui a du s’enfuir de la ville dans laquelle arrivait la guerre. Elle le fait parce qu’elle doit empêcher que ces enfants et ses parents soient pris pour cibles par les tirs.

Et ces images là, regardez :

(vidéo d’une mamie – qui a survécu au siège de Leningrad pendant la seconde guerre mondiale – sur sa pancarte de gauche : « Pas d’armes nucléaires/stop/ partout dans le monde (Convenez immédiatement d’un contrat d’engagement)… ) Voilà une grand-mère, sortie pour manifester à Saint-Pétersbourg avec des pancartes contre la guerre, elle est « blokadnitsa » [survivante au siège de Léningrad 1941-1944] ; en quelques secondes, vous voyez qu’elle est interpellée et emmenée par des gardiens de l’ordre.

[Kira Armish] Voilà une vidéo sur comment, une autre personne âgée est interpellée en manifestation alors qu’elle tient un journal sur lequel est écrit le mot PAIX. (video d’arrestation)

(photo d’une femme qui tient une pancarte écrit en rouge « Non à la guerre ! »)

Voilà une femme de ’’Lanoudé’’ [je comprend que ce doit être une ville loin vers Baïkal…], elle s’appelle Irina, sur une vidéo (TV) montrant des prisonniers russes, elle a reconnu son fils. Il est chauffeur (conducteur), il a du partir soldat ouvrir la voie pour les tanks et il est tombé sous une rafale de tirs ; dans une interview – (image de texte titré « Gens du Baïkal », surlignement en jaune ; cela raconte comment cette femme a compris que son fils a été fait prisonnier en Ukraine, et comment elle a tenté de s’adresser à différents interlocuteurs de l’administration russe pour avoir des nouvelles de son fils, sans succès ; comment elle a déposé un écrit/plainte au cabinet du président russe.) elle raconte que l’administration lui a répondu « on ne peut en rien vous aider » ; la voilà partie seule faire le piquet de grève avec sa pancarte « NON A LA GUERRE ! ».

[Kira Armish:] et maintenant je ne vais rien dire, regardez ça vous-même.

(vidéo d’une femme qui pleure, ce qu’elle dit est sous-titré en russe) « à 2h un militaire a appelé et a dit, votre fils est mort au combat, le 24 (février). Personne ne dit rien, ils vous envoient là-bas, vous font appeler ici ou là. Hier on m’a dit d’appeler le FSB (Service Fédéral de Sécurité de la Fédération Russe, soit les fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur – la Police quoi…) : nous ne savons rien. – Ce commandant, qui a pris la responsabilité de votre enfant… – Il est complètement inaccessible, le téléphone ne répond pas. Je ne sais pas, il n’est pas, ni où il est. – Le certificat d’obsèques comment l’avez-vous reçu ? – Par Whatsapp.

[Kira Armish:] Les femmes ne s’envolent/disparaissent pas quand la guerre commence ; elles sont là, dedans, en son centre même ; elles accouchent, sauvent, protestent, regrettent et souffrent. Elles vivent dans la guerre et la guerre vit en elles, comme pour les hommes ; et elles ont de la peine, de la tristesse, le ressentent aussi – comme des hommes ; et parfois même plus car elles n’ont absolument pas choisi cette guerre, et d’y envoyer leurs fils et leurs maris. Il y a encore quelques jours, personne d’entre elleux ne se figurait devoir peut-être accuser le deuil de ses proches dans une guerre.

Poutine crache sur nimporte quelle vie humaine (il s’en fout/s’en care/s’en…), russe ou ukrainienne. Tout ce qui l’intéresse c’est son argent et le pouvoir. Pour lui, tous les gens qui vont au front n’ont pas de nom, la chair à canon, les dépenses/pertes matérielles non plus ; c’est carrément un (minable) squat qu’il envoit faire la bataille pour lui permettre de durer le plus longtemps possible assis sur ses sacs de biftons en buvant du vin dans son palais avec vue sur le soleil couchant.

Je veux vraiment que vous preniez conscience de cela. Poutine ne croit en rien à la Paix russe, ne croit pas aux fascistes et à la dénasification [ndlt : de l’Ukraine ; ça se doit être les arguments de la propagande pro-guerre russe, s’étant inspiré des russes de l’Est de l’Ukraine qui ont très mal vécu l’interdiction de leur langue en 2014]. La vie de vos parents, de vos amis, de vos proches qui vont se mélanger à cette guerre ; pour lui sont insignifiants/sont rien.

Le Pouvoir ukrainien parle d’un millier de soldats morts (on voit un extrait du site d’infos Ukraianskaya Pravda qui titre « Les pertes russes dépassent déjà les 10000 hommes »), nos infos nous disent qu’environ 500 soldats sont morts (on voit un encart BBC News « …pertes en Ukraine : 498 soldats tués »).

(extrait discours d’un gradé de l’armée russe) : il dit « 498 morts dans l’exercice de leur devoir de guerre. »

[Kira Armish] Mais déjà, déjà 500, c’est un chiffre impensable. Il y a 10 jours, tout ces gens étaient vivants, ils mangeaint, buvaient, riaient, appelaient leurs proches, et maintenant ils sont morts, et c’est Poutine qui les a envoyé à la mort. Tout ça pour quoi, pour s’acheter un nouveau canapé pour son palais.

On ne sait pas combien de tués et de blessés ont déjà été fait en vrai ; officiellement aucun savoirs là-dessus. Et à propos du fait que parmis ces soldats il y a votre enfant, vous pouvez l’apprendre en voyant des vidéos sur internet ou qu’on vous envoie un faire part d’obsèques par Whatsapp…

Vos enfants, vos maris disparaissent et on ne les enterre même pas convenablement ; et les discours à leur sujet n’apparaîtront que dans quinze ans quand les dossiers d’informations sur ces « opérations spéciales » seront ouverts.

Dans ces précises minutes, alors que j’enregistre cette vidéo, et celles, quand vous allez la regarder ; quelqu’un est en train de mourir, dans cet exact moment : c’est pourquoi, je veux m’adresser aux Femmes, non pas parce que c’est notre rôle convenu d’apporter la Paix, mais parce que nous savons suffisamment bien quel prix nous allons payer pour cette guerre.

Pendant que les hommes guerroient, nous ne cessons pas d’exister, ne disparaissons pas ; rien ni personne ne nous met en pause afin que l’on se réveille au sortir de la guerre en allant pleurer sur les cadavres. Nous sommes (existons) ici, présentement maintenant. Nous voyons tout ça, et nous allons vivre/surmonter tout ça ensemble.

Je suis convaincue qu’en Russie, il n’y a pas une femme qui se réjouit de cette guerre, de ces mensonges, cette bêtise et cette propagande née de l’avarice, si elle sait qu’un de ses proches va peut-être être tué là-dedans, de nimporte quel côté (pro-russie ou pro-ukraine).

J’appelle à le dire et le faire savoir.

Demain c’est fête : 8 mars, Journée des femmes ; tous le monde va nous le fêter/souhaiter « Joyeux printemps » « Joyeux jour de lutte pour l’égalité des droits (des femmes) » ; ce n’est pas si important (comment on va nous la souhaiter cette journée), ce qui est important c’est que c’est vraiment le moment où nous devons franchement/fortement affirmer ce que nous voulons vraiment à ce jour. A ce jour, ce que nous voulons, c’est que la guerre ne soit pas ; ce que nous voulons c’est qu’elle s’arrête dessuite. Nous existons et notre pensée (nos opinions) doit être prise en compte.

(s’affiche le texte « 8 mars, 14h ; Place centrale de votre ville »), je vous appelle à sortir dans vos rues et à dire tout ça là. Quand si ce n’est pas maintenant ? Nous ne pouvons pas nous cacher et trembler ; nous taire en tenant le rôle qui nous est assigné sans réagir à tous ceux qui font comme si la guerre ne nous concernait pas. La guerre nous touche ! Et nous devons être visibles, remarquables au point que nous soyons entendues et écoutées. Ne restez pas à la maison, sortez : Non à la guerre. »

Aller bonnes manifs et cyber-actions à tousTES;

С 8-ого Марта!

AR МОТЯ

de tout coeur avec vous – toutes les femmes et les minorités de genre, de tous les pays, d’un monde sans frontières – dans nos luttes, pour nos droits!

Bref, belles mobilisations à vous TOUsTES!! Happy 8 mars